Géraldine Collet

auteure

 

Ecrire, c’est… 4 mars, 2014

Classé dans : Non classé — geraldinecollet @ 10:09

Ecrire, c’est prendre un train. Quelques arrêts sont prévus mais pour le reste, la seule certitude réside en l’inconnu.

Je pars souvent seule, j’emporte quelques mots dans une valise ficelée à la va vite, je prends place près de la fenêtre et je laisse défiler les phrases paysages. Géraldine, Le fil rouge fait partie de la sélection du prix des incorruptibles ! Je n’en reviens pas. J’entends la voix d’Isabelle, l’éditrice. Je pense que l’histoire aurait pu ne jamais devenir un livre, sans elle, sans Cécile Hudrisier, que cela ne tient pas à grand-chose. Je suis heureuse et j’ai peur.

Soissons. Premier arrêt.

La salle est grande. Au fond, tout au fond, je vois des images, des dessins, des photos ; le fil rouge est devenu Le fil doré et je suis émue… Des enfants ont écrit, se sont appropriés l’album, se sont amusés, ça se lit ; je souris. Les tout premiers lecteurs s’installent sur le sol. J’écarte la chaise ; très envie d’être avec eux, d’effacer les distances et puisque l’écriture le permet, je le fais. Total régal ! A mesure que l’échange se construit, les enfants s’approchent jusqu’à se lever.

Laon, deuxième arrêt. Médiathèque Georges Brassens.

Est-ce que tu es riche ? Me demande un enfant. Je réponds non et puis oui. Riche de mots, riche de temps, riche de sourires et de visages rencontrés ! Je garde dans mon coffre fort secret la malice de Shirley, les yeux bleus de Tom et les jolies robes que les enfants ont confectionnées pour le personnage du Fil Rouge.

Nous sommes début février. Troyes sera mon troisième arrêt. J’aime la coïncidence ! Des adultes. Quand je demande à un enfant comment on appelle les gens qui lisent, il me répond « des adultes » avec une voix tout gaie. Je me dis qu’il y a là une idée à saisir. En rentrant, j’écris une histoire qui s’appelle justement « Les gens qui lisent ». Je ne sais pas si cela deviendra un livre ou non et pourtant je sens l’extrême urgence de la parution d’un tel titre. A la fin de l’une des rencontres, un autre bout de chou s’adresse à sa maîtresse : « Quand est-ce qu’on retourne à la médiathèque ?». Il est vraiment des mots que l’on reçoit comme des cadeaux.

J’attends la quatrième rencontre avec impatience. Bénédicte, l’institutrice de Clayes m’a envoyé l’histoire composée par les enfants à partir du fil rouge. Quelle inventivité ! Je suis émerveillée et très émue. Les enfants se sont appropriés l’histoire et en ont fait une autre, la leur. L’impression que l’on touche ici à l’essentiel : lire, écrire, partager. Alors quand je descends du bus dans ce petit village breton, je suis impressionnée, presque timide. Je mesure à quel point de belles choses se font en silence, loin des capitales et des tourmentes médiatiques. Je garde la joie de Thomas qui s’empare de mon carnet d’écriture, qui court, certain de détenir un trophée, le sourire discret d’Adèle, le chuchotement de Nessrine qui prépare un livre en secret, et l’énergie de Bénédicte que j’emporte dans le bus du retour. La nuit entoure le train qui file vers Saint-Quentin et je me demande si tous dorment bien à cette heure.

Prochains arrêts : Epernay, Vizille, La Roquebrussanne, Saint-Jean Leblanc, Saint-Quentin, Indre, Breuvannes, Cagnoncles, Mazère.

 

2 Commentaires

  1.  
    agnes
    agnes écrit:

    quel voyage, hein ! :-)

  2.  
    Laurence
    Laurence écrit:

    Contente de retrouver des mots sur le blog…
    dommage nous n’avons pas fait les incos cette année à la bibliothèque.

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